Le ton monte entre les deux piliers de l'Union européenne. Ce lundi 16 février 2026, le gouvernement allemand a exprimé publiquement son mécontentement face à la trajectoire budgétaire de la France en matière de sécurité. Alors que les tensions géopolitiques s'intensifient, Berlin presse Paris de transformer ses discours sur la souveraineté en investissements sonnants et trébuchants.
| Indicateur / Personnalité | Détails de l'actualité |
|---|---|
| Johann Wadephul | Chef de la diplomatie allemande |
| Emmanuel Macron | Président de la République française |
| Friedrich Merz | Chancelier de l'Allemagne |
| Objectif Otan | 5 % du PIB d'ici 2035 |
| Date de la déclaration | Lundi 16 février 2026 |
Un rappel à l'ordre diplomatique musclé
Johann Wadephul, à la tête de la diplomatie de l'Allemagne, n'a pas mâché ses mots lors d'un entretien accordé à la radio Deutschlandfunk. Tout en reconnaissant la pertinence des discours récurrents d'Emmanuel Macron sur l'aspiration à la souveraineté européenne, le ministre a souligné un décalage flagrant entre les paroles et les actes. Pour Berlin, quiconque prône l'autonomie stratégique du continent doit agir en conséquence dans son propre pays. En l'état, les efforts déployés par la République française sont jugés insuffisants pour atteindre les ambitions affichées sur la scène internationale.
L'objectif des 5 % du PIB en ligne de mire
La pression internationale, notamment celle exercée par Donald Trump, a poussé les pays membres de l'Otan à réviser leurs ambitions à la hausse. L'objectif est désormais d'allouer au moins 5 % du Produit intérieur brut (PIB) aux dépenses de sécurité d'ici l'horizon 2035. Johann Wadephul estime que ses voisins français ont encore d'importants progrès à faire pour s'aligner sur cette trajectoire. Pour dégager la marge de manœuvre nécessaire, le ministre allemand suggère une solution radicale : la France devrait faire des économies structurelles, notamment dans le domaine social, afin de garantir sa capacité de défense et celle de l'Europe.
Le refus catégorique de la mutualisation des dettes
Le fossé se creuse également sur la méthode de financement de ces investissements massifs. Johann Wadephul a profité de son intervention pour rejeter fermement l'appel d'Emmanuel Macron en faveur d'une mutualisation européenne des emprunts. Cette position fait directement écho à celle du chancelier Friedrich Merz. Pour les dirigeants allemands, les 5 % promis par les États de l'Otan constituent des engagements de dépenses nationales et ne doivent en aucun cas reposer sur un financement commun européen. La rigueur budgétaire reste, pour Berlin, la seule voie possible pour muscler la défense du vieux continent.



