C’est une plongée fascinante au carrefour de l’esthétique et de la biologie. Entre les murs feutrés du Cercle de l’Union interalliée, à Paris, le silence s'est fait pour écouter une analyse singulière. Comment nos neurones réagissent-ils face à la puissance d'une toile ? Pour répondre à cette interrogation qui mêle l'intime à l'universel, le neurologue Bruno Dubois a pris la parole lors d'un dîner-conférence orchestré par l'avocate Danielle Monteaux-Barnier pour son club Les conversations du cercle.
| Élément Clé | Détails de l'événement et de l'œuvre |
|---|---|
| Intervenant principal | Bruno Dubois (Neurologue, Salpêtrière) |
| Artiste étudié | Zao Wou-Ki (Peintre et graveur) |
| Œuvre de référence | Le vent pousse la mer (2004) |
| Contexte scientifique | Fondation Recherche Alzheimer |
| Exposition citée | Zao Wou-Ki : Maître graveur au musée M+ |
L'immersion neurologique au cœur de la création
Le professeur Bruno Dubois, figure de proue du service des maladies cognitives et comportementales à la Salpêtrière et cocréateur de la Fondation Recherche Alzheimer, explore depuis trois ans les mécanismes cérébraux liés à la contemplation artistique. Selon lui, notre capacité à apprécier une œuvre ne relève pas du hasard mais d'un processus biologique profond. Dès le ventre maternel, le fœtus semble rejouer l'épopée de l'évolution humaine, traversant des étapes de maturation séculaires indispensables à la future perception esthétique. Sans cet itinéraire biologique complexe, l'émotion face à la toile resterait lettre morte. Cette thèse, exposée devant un public captivé le 23 février 2026, place l'art comme un miroir de notre propre développement neurologique.
Le cas Zao Wou-Ki : une fenêtre sur l'évolution humaine
Pour illustrer son propos, le neurologue s'est appuyé sur une pièce magistrale : Le vent pousse la mer, une huile datée de 2004 signée Zao Wou-Ki. Cette œuvre, issue d'une collection privée, sert de catalyseur pour comprendre comment le cerveau décode les formes et les couleurs. L'artiste chinois, disparu en Suisse en 2013, a laissé derrière lui un héritage dont la gestion est aujourd'hui assurée par sa veuve, présidente de sa fondation. Cette dernière, gardienne du droit moral, entretient un lien étroit avec les institutions culturelles, ayant notamment effectué une donation remarquée au Musée d’art moderne. La résonance des œuvres de Zao Wou-Ki sur le système nerveux témoigne d'une connexion archaïque entre le geste du peintre et la structure de notre pensée.
Un héritage artistique entre Hong Kong et Paris
L'actualité de l'artiste ne se limite pas aux salons parisiens. Le 11 décembre 2025, le musée M+ de Hong Kong inaugurait l'exposition Zao Wou-Ki : Maître graveur, mettant en lumière la virtuosité technique de celui qui a su marier l'Orient et l'Occident. Les clichés de Kobe Li pour Nexpher Images témoignent de l'ampleur de cette rétrospective. Que ce soit à travers ses gravures ou ses huiles monumentales, l'œuvre de Zao Wou-Ki continue de provoquer des décharges synaptiques intenses, confirmant les théories de Bruno Dubois sur la réactivité cérébrale. L'art n'est plus seulement une affaire de goût, mais une véritable expérience biologique qui prend racine dans les tréfonds de notre histoire évolutive.
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