L'ascension fulgurante vers le trillion de dollars
Le rapport de Sacra publié en février 2026 agit comme un électrochoc dans la Silicon Valley. OpenAI n'est plus une simple startup, mais une véritable nation technologique dont la trajectoire financière défie les lois classiques de l'économie. Sous l'impulsion de Sam Altman et de la directrice financière Sarah Friar, l'entreprise a franchi le cap symbolique des 20 milliards de dollars de revenus annualisés. Ce chiffre, multiplié par dix par rapport à 2023, témoigne d'une adoption massive de l'intelligence artificielle générative, mais il cache une réalité plus complexe : une course effrénée vers une puissance de calcul toujours plus coûteuse.
| Indicateur Financier | Exercice 2023 | Exercice 2025 | Projection 2026 |
|---|---|---|---|
| Chiffre d'affaires (Annualisé) | 2 milliards $ | 12 milliards $ | 20 milliards $ |
| Valorisation estimée | 80 milliards $ | 500 milliards $ | 730 - 830 milliards $ |
| Pertes nettes projetées | - | - | 14 milliards $ |
L'économie du Compute et le partenariat avec Cerebras
L'analyse de Sacra met en lumière une corrélation implacable : chaque dollar de revenu généré par OpenAI nécessite une augmentation exponentielle de la puissance de calcul. C'est le paradoxe du modèle économique actuel. Pour maintenir son avance technologique et réduire une latence devenue critique, OpenAI a dû sceller un partenariat stratégique avec Cerebras. Cette alliance vise à optimiser l'infrastructure face aux besoins colossaux des modèles de nouvelle génération. Malgré des revenus records, OpenAI projette une perte abyssale de 14 milliards de dollars pour l'année 2026, principalement absorbée par les coûts d'infrastructure et de calcul (compute) fournis par ses partenaires comme Microsoft et Nvidia.
Vers une IPO historique et la fin du modèle non-profit
Pour rassurer les marchés et ses investisseurs de poids tels que SoftBank, Nvidia et Amazon, OpenAI prépare activement son passage vers une structure entièrement lucrative (for-profit). Les rumeurs de dépôt d'un formulaire S-1 pour la fin de l'année 2026 s'intensifient. Cette mutation est jugée indispensable par Sarah Friar pour stabiliser la confiance des investisseurs avant une introduction en bourse (IPO) qui s'annonce comme la plus importante de l'histoire de la tech. Actuellement, 70 à 75 % des revenus proviennent encore des abonnements ChatGPT Plus et ChatGPT Pro, mais le segment Enterprise connaît une croissance explosive, devenant le moteur principal de la rentabilité future.
La menace Google Gemini et l'érosion des parts de marché
La domination de ChatGPT n'est plus sans partage. Les données de Sacra révèlent une érosion significative de l'hégémonie d'OpenAI sur le trafic web mondial. En l'espace d'un an, la part de marché de ChatGPT est passée de 86 % à 64 %. Cette baisse profite directement à Google Gemini, qui a su tirer parti de son intégration native dans l'écosystème Android et Google Workspace. Cette concurrence accrue force Sam Altman à accélérer l'innovation, quitte à creuser davantage le déficit opérationnel pour conserver son avance technologique.
Le pari d'Altman : infrastructure indéboulonnable ou bulle ?
Le destin d'OpenAI repose sur une question fondamentale : l'entreprise peut-elle devenir l'infrastructure indéboulonnable du futur avant d'épuiser ses réserves de cash ? Avec une valorisation oscillant entre 730 et 830 milliards de dollars, le marché parie sur la première option. Si les pertes de 14 milliards de dollars effraient les analystes traditionnels, elles représentent pour OpenAI l'investissement nécessaire pour bâtir le système d'exploitation de l'intelligence artificielle mondiale. Le succès de l'IPO en 2026 sera le juge de paix final de cette stratégie audacieuse.
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