Soixante ans après que le satellite Astérix a propulsé la France au rang de troisième puissance spatiale mondiale, son inséparable compagnon s'apprête à marquer l'histoire à son tour. En octobre 2026, le rover Idefix, fruit d'une collaboration technique étroite entre le CNES et le DLR, s'envolera vers les mystérieuses lunes de la planète rouge. Ce petit explorateur à quatre roues est le passager privilégié de la mission japonaise MMX (Martian Moons eXploration), pilotée par la JAXA.
| Caractéristique | Détails de la mission MMX |
|---|---|
| Date de lancement | Octobre 2026 |
| Lieu de décollage | Tanegashima, Japon |
| Destination principale | Phobos (Lune de Mars) |
| Retour des échantillons | 2031 |
| Masse du rover | Moins de 25 kilogrammes |
| Dimensions | 45 x 40 x 35 centimètres |
| Instruments clés | MIRS, miniRAD, Spectromètre Raman |
Le mystère des lunes martiennes au cœur de l'exploration
Pourquoi dépenser tant d'énergie pour atteindre Phobos et Deimos ? Ces deux corps célestes, minuscules et proches de Mars, constituent une véritable énigme pour la communauté scientifique internationale. Les modèles actuels peinent à trancher sur leur genèse : sont-elles des astéroïdes capturés par la gravité martienne ou les débris d'un impact titanesque subi par la planète rouge ? Résoudre ce dilemme, c'est ouvrir une fenêtre sur la formation du système solaire et, par extension, sur l'origine de l'eau sur Terre. La mission MMX ne se contentera pas d'observer ; elle prévoit de se poser sur Phobos pour collecter des échantillons précieux dont le retour sur notre planète est programmé pour l'année 2031.
Un défi d'ingénierie face à la milligravité
Concevoir Idefix a représenté un véritable casse-tête pour les ingénieurs du CNES et du DLR. Imaginez un robot de la taille d'un four micro-ondes devant opérer dans un environnement où la gravité est 2 000 fois plus faible que sur Terre. Sur Phobos, le sol est une inconnue totale : s'agit-il d'une croûte rigide ou de sables mouvants imprévisibles ? Pour survivre, l'astromobile devra affronter des températures oscillant entre -200 °C durant la nuit et +60 °C en plein jour, le tout sans atmosphère protectrice. Alimenté par quatre panneaux solaires de 15 watts chacun, Idefix servira d'éclaireur à la sonde principale de la JAXA, testant la consistance du régolithe avant que celle-ci ne tente son propre atterrissage.
Un laboratoire mobile haute technologie
L'ambition scientifique d'Idefix repose sur une suite instrumentale sophistiquée. Deux caméras de navigation, les navcams, permettront de modéliser le terrain en trois dimensions pour un pilotage autonome, une première pour un engin évoluant en milligravité. À leurs côtés, le radiomètre miniRAD analysera les propriétés thermiques des roches tandis que le spectromètre Raman scrutera la composition minéralogique du sol. Deux autres caméras, les wheelcams, surveilleront spécifiquement l'interaction des roues avec la surface. Ce déploiement technologique vise à combler le fossé entre les observations orbitales et l'analyse microscopique des échantillons qui reviendront sur Terre, faisant d'Idefix le pionnier d'une nouvelle ère d'exploration interplanétaire.
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